THOMAS RACING DEVELOPPEMENT

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La peinture. troisième partie l'application des couches de finition

Dans la première partie de cet article, nous avons présenté les types de revêtements de finition les plus employés en carrosserie automobile.

Dans la seconde partie, on a parlé du matériel de projection : les pistolets.

Cette troisième partie est consacrée à la pulvérisation des couches de finition : peintures et vernis.

Nous aborderons la préparation de la surface avant finition dans une quatrième partie.

 

Ici, nous supposons que la ou les pièces sont prêtes à peindre, c'est-à-dire exemptes de corrosion, entièrement apprêtées ou déjà peintes, correctement poncées dépoussierrées et dégraissées. Ces points seront abordés dans la quatrième partie.

 

LOCAL DE PULVERISATION

 

Le peintre amateur s'efforcera, dans la mesure de ses moyens, de faire ressembler autant que faire se peut le local où il peint à une cabine de peinture professionnelle.

 

Architecture d'une cabine à peinture de carrosserie automobile

 

Ventilation

 

Une cabine de peintre réparateur automobile est un local totalement fermé suffisamment grand pour que le peintre puisse tourner autour du véhicule à peindre sans jamais être gêné. Ce local est étanche à la poussière. Les portes comportent des joints. Il dispose d'un évent de petite dimension ce qui fait que puisqu'on pulvérise les produits avec de l'air comprimé, il se trouve en légère surpression par rapport à l'extérieur. Par conséquent l'air extérieur ne peut pas rentrer pendant l'application des produits. Ainsi, les poussières qui se trouvent dans la cabine ne peuvent y avoir été amenées que par le véhicule qu'on peint ou par le peintre lui-même.

 

REGLE D'USAGE  : on ne ponce jamais dans une cabine

 

La cabine comporte un puissant système d'aspiration de l'air au niveau du sol, généralement en caillebotis. L'air est ensuite renvoyé à-travers le plafond via un filtre. Par conséquent, les vapeurs de peinture sont aspirées au fur et à mesure de leur production et filtrées avant que l'air soit réinjecté dans la cabine. Avec des filtres en bon état, l'air est exempt de poussière puisqu'il passe et repasse indéfiniment à travers le filtre.

 

Nota : si vous louez une cabine (ce qui au passage peut être une excellente solution car elles sont rarement utilisées les week-end), assurez-vous du bon état des filtres. Si on vous dit qu'ils sont neufs, attendez qu'une ou deux autos aient été peintes avant la votre. Les filtres neufs laissent passer quelques poussières le temps qu'ils prennent leur assise définitive.

 

Le circuit d'air comporte un générateur de chaleur thermostaté qui permet de réchauffer l'air.

 

L'amateur dispose rarement d'un tel atelier pour peindre. Cependant, il peut assez facilement installer un filtre dans l'embrasure d'une fenêtre (idéalement un vasistas) maintenue ouverte qui servira à l'admission d'air frais extérieur et refouler l'air vicié en l'aspirant avec un ou des ventilateurs de radiateur automobile le plus bas possible dans l'atelier. Ce type d'architecture fonctionne assez bien l'été. L'hiver l'air aspiré étant froid, vaut mieux ne pas l'utiliser. Un de mes amis, peintre automobile, qui arrondissait ses fins de mois en réparant des autos chez lui avait installé un gros radiateur à faisceau très dense connecté à sa chaudière de chauffage central devant la fenêtre  de son garage pour peindre en demi-saison.

 

Attention à bien choisir l'endroit où on refoule l'air vicié... Dans les années 80, mon copilote et moi avions repeint totalement notre mulet* en bleu métallisé avec ce système. On aspirait dans une cour intérieure et on refoulait à-travers une porte donnant sur la rue. On était super fiers de notre installation et de la finition réalisée sur le mulet.

 

* Voiture utilisée pour les reconnaissances de rallyes (j'entends déjà les écolos me traiter de salaud qui peint les ânes en bleu...)

 

Mais on a déchanté quand on est sortis dans la rue... Une Golf GTI noire revernie était garée un peu plus bas dans la rue et ce jour-là il y avait un vent assez violent. La Golf était devenue noir métallisé-bleuté... Le propriétaire à dû la récupérer la nuit. On n'en a jamais plus entendu parler...

 

En ce qui concerne les poussières, l'amateur qui ne dispose pas d'une vraie cabine à tout intérêt à arroser copieusement le sol avant de peindre. L'eau piègera les poussières et une grande partie des vapeurs de peinture. Les vapeurs durciront à la surface de l'eau et ne saliront pas le sol parce qu'elle n'y adhèreront pas. En contrepartie, l'hygrométrie du local va augmenter ce qui ralentit l'évaporation des solvants, surtout celle de l'eau contenue dans les laques hydrosolubles. 

 

Nota : le moment idéal pour peindre est un jour chaud sans vent juste après la pluie qui a l'avantage de coller au sol les poussières présentes dans l'air. Le pire moment est un soir d'été à la tombée de la nuit parce que les insectes volants attirés par la lumière viennent se poser sur la peinture fraiche quand elle est claire. Si vous peignez régulièrement, tôt ou tard, vous en serez victime...

 

Eclairage

 

Les cabines professionnelles sont pourvues de très nombreux appareils d'éclairage. Ils sont disposés de telle manière qu'il n'existe aucune zone d'ombre devant le peintre. Les murs sont généralement peints en blanc pour renvoyer le maximum de lumière.

 

L'amateur peut facilement trouver de nombreuses rampes de tubes fluorescents d'occasion pour équiper le local où il peint.

 

Souvent, ce local sert à d'autres usages. Autant que possible, il faut éviter d'y stocker des objets qui finissent toujours par être recouverts de vapeurs de peinture.

 

Le particulier qui peint ne dispose pas d'une installation électrique antidéflagrante. Lorsqu'on utilise des produits solvantés, il faut installer le compresseur à l'extérieur du local où on peint et ne pas manoeuvrer d'interrupteur tant qu'il persiste des vapeurs de solvant dans l'air. Evidemment, on ne fume pas dans le local où on vient de peindre...

 

De toutes façons, votre compresseur vous saura gré de ne pas aspirer de vapeurs de peinture qui ont tendance à coller les clapets.

 

Supports

 

Pour peindre des éléments démontés (un pare-choc, par exemple) on a intérêt à le placer sur un support pour qu'il soit le plus loin possible du sol (poussières, inconfort du peintre) mais à l'orienter dans la position où il se trouvera sur le véhicule. C'est surtout important pour les finitions métallisées parce que la gravité oriente les paillettes. Deux éléments contigus peints sous des angles différents peuvent sembler de teintes différentes même s'ils ont été peints avec le même produit. A ce sujet signalons qu'en cas d'écart de teinte, il est toujours préférable d'utiliser une couleur différente sur une pièce intermédiaire. Par exemple deux pare-chocs présentant un léger écart de teinte ne seront pas gênants s'ils sont séparés par une carrosserie d'une couleur différente.

 

Pour revenir aux supports, ici, on utilise souvent une échelle posée sur les bras de l'élévateur pour mettre à niveau des objets à peindre.

 

Ici séchage d'une aile avant de monoplace fraichement laquée sur l'échelle.

 

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 Les barreaux de l'échelle servent aussi à accrocher des fils de fer auxquels on peut suspendre des objets pour les peindre sur toutes les faces en une seule fois. Dans ce cas, l'élévateur est placé en position haute et l'échelle se trouve au-dessus du peintre.

 

Mise à la terre

 

Une cabine peut être considérée, si ce n'est comme une salle blanche, au moins comme une salle grise. Bien entretenue, elle est exempte de poussière. Ce n'est pas forcément le cas du local où l'amateur réalise les finitions de carrosserie. Une auto, à cause des nombreux éléments plastiques qui la composent et de ses pneus qui sont électriquement isolants peut accumuler des charges électrostatiques. Ces charges attirent la peinture, mais aussi les poussières en suspension dans l'air. Pour éviter l'attraction des poussières, il est conseillé de mettre la coque à la terre avec un morceau de fil électrique. Si vous peignez une auto en polyester, cette précaution est inefficace puisque le polyester et le verre sont isolants.

 

PREPARATION DES PRODUITS DE FINITION

 

Avant de préparer les produits, on purge le filtre décanteur et on ajuste la pression du régulateur à une valeur un peu supérieure à celle requise pour le pistolage. Le réglage final sera fait sur le pistolet.

 

Les produits sont préparés dans un local séparé. En effet, si on doit préparer un produit bi-composants dans un local où on vient d'en pulvériser, on risque d'introduire des vapeurs de durcisseur dans le pot de produit non mélangé. L'hiver, les produits doivent avoir été stockés dans un local tempéré pendant un temps suffisamment long pour qu'ils soient à température d'utilisation.

 

Lorsqu'il s'agit d'une finition métallisée, le produit contenant les paillettes métalliques doit être agité longuement avant chaque division pour éviter d'avoir une partie plus chargée en paillettes que l'autre. Le peintre doit aussi agiter régulièrement pendant toute l'opération son pistolet pour éviter la décantation dans le godet. C'est très important à la reprise entre deux couches.

 

Pour les produits neufs et récents, le filtre du pistolet peut suffire lorsqu'on ne recherche pas une finition exceptionnelle. Dans tous les autres cas, il vaut mieux passer les produits à-travers un filtre spécial qui ressemble à un filtre à café permanent. Ces filtres sont commercialisés par les marchands de fournitures pour carrossiers.

 

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J'ai déjà expliqué qu'il est préférable de réaliser le dosage des produits avec une balance plutôt qu'avec une règle. Attention, il faut connaître la masse volumique des produits utilisés pour le faire. La règle reste utilisée pour remuer le mélange des différents produits.

 

Pour la dilution l'usage d'un viscosimètre à coupe est conseillé. Par températures basses, utiliser un diluant rapide et un diluant lent par températures élevées. Se renseigner auprès du fabricant à ce sujet.

 

Pour le mélange, j'utilise des boites de conserve vides prpres, mais il existe des godets de mélange dans le commerce. Ils sont en général gradués ce qui permet de réaliser un mélange sans règle ni balance de précision.

 

Le mélange préparé est ensuite versé dans le godet du pistolet.  Lorsque ce n'est pas indispensable, éviter de remplir le godet, le pistolet plus léger sera plus maniable. On voit ici l'un des nombreux avantages des godets en polymère : on voit le niveau de peinture à-travers le godet.

 

Il faut disposer d'un support de pistolet qui va servir à tenir l'appareil avant la première couche et entre les couches.

 

Un fois le mélange dans le godet et le pistolet sur son support, on procède à un dernier dégraissage-depoussièrage avec un tampon légèrement imbibé de diluant.

 

APPLICATION DES PRODUITS

 

Avant de commencer la pulvérisation, le peintre aura revêtu une tenue de travail propre ou au minimum soufflé énergiquement ses vêtements pour en éliminer les poussières (surtout s'il a poncé des pièces juste avant.) S'il a des cheveux longs, il est préférable qu'il porte un bonnet ou une cagoule. L'achat (moins de 5 Euros) d'une combinaison jetable pour manipulation des produits chimiques peut être une bonne solution pour ceux qui arrivent à supporter ce genre d'accoutrement.

 

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Comme on n'est pas toujours dans un monde parfait, je conseille d'avoir en poche une pince brucelles pour pouvoir retirer immédiatement toute poussière ou insecte qui se ferait prendre dans le produit pulvérisé. N.B. : généralement les combinaisons pour manipulation de produits chimiques n'ont pas de poche...

 

Laque brillant direct

 

Dans un recoin  du local, on aura prévu un morceau de tôle qui va servir à régler le pistolet.

 

En pulvérisant sur cette tôle on règle la pression et la forme du jet souhaité. Cette opération permet aussi au peintre occasionnel de rechercher le dosage où le produit se tend et celui où il risque de couler.

 

 

Conseils pour corriger les défauts de pulvérisation d'après un document ANEST IWATA

Cliquer dessus pour l'avoir en plein écran.

 

 

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Ensuite, on vérifie qu'on aura assez de longueur de tuyau en simulant l'application du produit sur la pièce. Ne riez pas, on se fait souvent avoir pour les peintures complètes. Un tuyau qui touche une surface peinte et il faut recommencer.

 

On souffle la pièce dans toutes les directions une dernière fois  en actionnant la gâchette du pistolet à mi-course seulement.

 

On oriente le chapeau d'air dans la direction perpendiculaire à celle du mouvement du peintre.

 

Tout est prêt. Une main tient le pistolet, tandis que l'autre retient le tuyau d'air. ça peut éviter de se casser la figure à cause du tuyau...

 

Avant de diriger le pistolet sur la pièce actionner rapidement la gâchette en visant le sol. Si un petit grain de peinture durci quitte la buse lors de cette "purge", il ne terminera pas sa course sur la pièce.

 

Pour cette première couche, les peintres professionnels procèdent peut-être différemment, mais je ne suis arrivé à réaliser du bon travail qu'avec la méthode suivante. Je ne cherche absolument pas à recouvrir la surface de peinture. Je me contente de déposer un voile mince le plus uniforme possible sur toutes les surfaces. Ce voile est si fin qu'ile ne risque pas de couler. On doit voir à-travers la couleur de l'apprêt ou de l'ancienne peinture.

 

Personnellement, je commence toujours par les arrêtes cachées. ça évite de les oublier dans le feu de l'action. De plus, puisqu'elles sont cachées, une coulure par excès de produit dû à une double pulvérisation n'est pas à redouter puisqu'elle ne se verra pas. Alors que l'absence de produit peut conduire à la corrosion de l'élément. Par exemple, pour peindre une aile avant, je commence par le retour de tôle qui entoure le passage de roue, puis la gouttière de capot, l'emplacement du phare et l'embrasure de la porte avant. Ne pas hésiter à peindre la face interne plutôt que de laisser une zone "à vif".

 

Une fois tous les recoins mal placés traités, je recouvre les surfaces principales, toujours avec un léger voile. C'est plutôt une "couchette" qu'une couche de peinture. Surtout ne pas chercher à cacher le support avec ce premier voile.

 

Procéder par gestes amples, en maintenant le pistolet toujours perpendiculaire à la surface (donc pour laquer une surface courbe, le bras du peintre doit tourner autour) en recouvrant 50 % du coup de pistolet précédent à chaque aller-retour.

 

Pour une peinture complète, comme je travaille lentement, j'attaque la seconde couche dans la foulée. Mais la plupart du temps je ne peint que des éléments ou des ensembles d'éléments. Dans ce cas, je note soigneusement l'heure de fin de la première couche et je quitte les lieux.

 

Ensuite j'applique la règle empirique suivante (pour les produits bi-composants solvantés) :

 

Température supérieure à 28 degrés, attente 4 à 5 minutes ;

Température de 25 degrés,  attente 10 à 12 minutes ;

Température de 20 degrés, attente 15 à 18 minutes ;

Température de 18 degrés, attente 20 minutes ;

Température inférieure à 18 degrés : je mets préalablement le chauffage pour atteindre au minimum 18 degrés . Il faut utiliser le chauffage suffisamment longtemps à l'avance pour que la pièce atteigne 18 degrés. l'air se réchauffe beaucoup plus vite que la pièce. En général l'hiver je chauffe à 25 degrés pendant au moins 3/4 d'heure puis j'éteins le chauffage (à air pulsé) pour éviter de brasser l'air et d'amener des poussières sur mes pièces.

 

Attention : en-dessous de 20 degrés, le risque de coulure augmente. Je déconseille aux peintres amateurs d'entreprendre des travaux importants si la température ambiante n'est pas au moins de 20 degrés.

 

Les temps indiqués sont à diviser par deux si votre local est équipé d'une ventilation puissante.

 

Ce temps d'attente peut être mis à profit pour vérifier le niveau de produit dans le godet. Il ne faut pas tomber en panne sèche au milieu d'un élément. Surtout avec un pistolet à succion car il se met à crachoter et la coulure est quasiment garantie.

 

Une fois ce temps écoulé (je vérifie systématiquement sur une pendule), je tâte l'échantillon pulvérisé sur la tôle. Il doit être poisseux, mais plus liquide. Je ne suis pas chimiste, mais je pense qu'il y a une plus grande affinité pour la peinture avec la peinture poisseuse de la couche précédente que pour l'apprêt ou la peinture déjà durs. Toujours est-il qu'une fois le voile  de la première couche poisseux, on peut charger beaucoup plus sans couler. ça me fait penser au fonctionnement des freins ou des pneus en compétition. Une fois qu'ils sont chauds, on peut taper dedans, avant c'est compliqué. mais pour les faire chauffer, il n'y a rien de mieux que de taper dedans...

 

Pour cette seconde couche, en fait la première vraie couche, je commence encore par les recoins mal placés pour lesquels la direction de pulvérisation est souvent imposée, mais rarement le sens. Donc autant que possible, j'essaye de les attaquer dans le sens opposé à celui de la première couche.

 

Ensuite, pour les surfaces restantes, je choisis la direction de pulvérisation la plus incommode. La direction où je me sens plus à l'aise est gardée pour la troisième couche, seconde vraie couche qui devrait être la dernière.  Normalement à l'issue de cette seconde couche et première vraie couche, la couleur de la pièce doit être uniforme. Si ce n'est pas tout à fait le cas, j'évite d'essayer de "réparer" parce que le risque de coulure devient important.  Si réparation il doit y avoir, j'attends autant qu'entre la première "couchette" et la seconde avant de procéder au raccord.

 

Dans tous les cas, j'attends autant entre  l'avant-dernière couche et la dernière (qui normalement est la troisième et la seconde "vraie couche"), toujours avec ma pendule pour ne pas risquer un accident (coulure.)

 

Maintenant que "les pneus sont chauds", on va pouvoir attaquer... Pour cette dernière couche, on peut charger un peu plus que pour les précédentes. Comme dans une spéciale de rallye, le "grip" augmente au fur et à mesure que le temps passe. On charge plus sans prendre plus de risques.

 

La finition doit être parfaitement tendue environ deux à cinq minutes après la pulvérisation.

 

S'il s'agit d'une pièce unique, à ce moment-là j'allume le chauffage infrarouge pour accélérer le séchage (voir photo de l'aile sur l'échelle.)

 

Vidéo d'une finition en cabine, trouvée sur Internet, merci à Jenrenoi son auteur. Le peintre attend beaucoup moins que moi entre les couches. En effet, sous l'action de la ventilation, la cabine est traversée par un fort courant d'air chaud qui permet une évaporation rapide du solvant. Si vous ne disposez pas d'une cabine ou d'une ventilation puissante, attendez entre les couches, comme je vous le suggère. 

 

De toutes façons,, sans ventilation, votre espace de travail sera vite saturé par les vapeurs de peinture et votre visibilité sera rapidement réduite.

 

 

 


 

Une autre vidéo, du fabricant de pistolets SATA

 

 


 

Peinture revernie

 

Le mode d'emploi des peintures à revernir à été explicité dans la première partie de cet article.

 

La pulvérisation des produits à vernir se fait de la même manière que celle des produits brillant direct. Le risque de coulure est généralement moindre qu'avec les brillants directs.

 

Une fois le solvant totalement évaporé de la base, on procède au vernissage en deux couches croisées au minimum. L'application s'apparente à celle des laques brillant direct mais on ne pulvérise pas le petit voile d'adhésion au risque de se retrouver avec une peau d'orange en profondeur que les couches successives de vernis n'arriveraient jamais à cacher. Toutefois, les vernis sont souvent moins visqueux que les bases. Ils font moins de grain et provoquent plus de vapeurs. Le vernissage sans masque est bien plus difficile que la peinture sans masque car l'air ambiant est vite saturé.

 

Nettoyage du matériel

 

 

Le pistolet et les accessoires (règles, viscosimètre, filtre interne etc) doivent être nettoyés sans attendre, surtout en cas d'utilisation de produits bi-composants. Pour celà, faire tremper les pièces dans du diluant de nettoyage (pas la crosse d'un pistolet à affichage digital !) , nettoyer tous les conduits avec des écouvillons non métalliques, remonter le pistolet et pulvériser du diluant pur pour parfaire le nettoyage.

 

Attention : au-delà de 25 °C, les produits bi-composants peuvent prendre en masse en quelques minutes seulement. Il faut agir vite.

 

Le temps consacré au nettoyage manuel correct d'un pistolet et de ses accessoires est compris entre 20 et 30 minutes.

Il existe des machines à laver à l'usage des professionnels. Il ne faut pas hésiter à démonter totalement le pistolet (surtout les appareils à succion.) En effet, si un léger dépôt de peinture durcie dans le tube d'aspiration ou le corps du pistolet n'est pas gênant pour la circulation des produits pulvérisés, il peut l'être pour la qualité du travail. Sous l'effet du solvant, ce dépôt de peinture sèche, peut se décoller et partir dans le produit pulvérisé plus tard sur la pièce.

 

Un pistolet ne doit être considéré comme propre que s'il est absolument impossible de déterminer la couleur du produit qu'il vient de pulvériser.

 

 


 

 

 

Réparation des accidents 

 

Particules incluses

 

On retire immédiatement les poussières et insectes qui se font prendre dans la peinture. En général un petit défaut peut persister s'il s'agissait de la dernière couche. Dans ce cas, une couche supplémentaire sera peut-être nécessaire pour estomper la trace d'"apeinturissage" de l'insecte. Pour les poussières, un lustrage une fois la peinture durcie est souvent la moins mauvaise solution.

 

Coulures

 

C'est bien connu, les artistes peintres signent toujours leurs toiles. Si vous aussi vous avec fait une "signature" (coulure en jargon de peintre) ne baissez pas les bras si cela vient juste de se produire. Votre pistolet peut souvent l'atténuer, voire la faire disparaître. Il suffit pour celà d'utiliser le pistolet comme une soufflette en actionnant la gâchette à mi-course seulement pour pousser la coulure dans une zone invisible, par exemple sur un pavillon, on essaye de souffler la coulure dans une gouttière (quand il y en a...) ou dans la baie de parebrise ou dans une feuillure de porte.  On parvient souvent par cette méthode à déplacer la coulure.

 

Ici, l'interieur de la portière de la Citroën Traction avant 11

chevaux d'un ami. Le peintre est parvenu à déplacer une coulure sur le panneau de porte vers une zone moins visible. Extérieurement, la voiture de collection de mon ami est impeccable et on ne peut s'apercevoir que le peintre a eu un problème qu'à condition d'ouvrir la portière.

 

Le sens de la coulure montre que la porte a été peinte démontée et à l'horizontale. Si le peintre avait été un petit peu plus soigneux, il aurait pu essuyer ensuite cette énorme coulure et personne ne se serait aperçu du subterfuge.

 

 

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Si, vous avez un peu trop chargé et que vous redoutez une coulure qui ne s'est pas encore formée, utilisez la même méthode mais en vous plaçant plus loin de la zone surchargée. Soufflez de bas en haut pour que la pression contrebalance la gravité. L'air propulsé par votre pistolet va accélérer l'évaporation du solvant dans la zone une peu trop mouillée. La viscosité va augmenter rapidement à cet endroit. ça peut sauver la mise.

 

Quand on n'y parvient pas certains peintres atténuent le défaut en rechargeant. C'est déjà plus difficile.

 

Ensuite il y a  la possibilité de laisser durcir et de repolir localement. Ponçage grossier au papier 400, puis 800, 1200, 2000 et polissage à la peau de mouton et polish.

 

Enfin, dans le pire des cas, il faudra poncer et repeindre. Mais avec un peu d'expérience on arrive à éliminer ou estomper la plupart des signatures sans en arriver là.

 

Peau d'orange

 

Si la peau d'orange est superficielle (dernière couche de vernis), on peut l'éliminer au polissage. Si elle affecte tout le vernis, on peut tenter un léger ponçage au grain 1200 pour ne retirer que le vernis puis un revernissage.

 

Si la peau d'orange à pris naissance à la première couche, en général, on n'arrive pas à l'éliminer. Il faut reponcer et recommencer les couches de finition.

 

Oeil de silicone

 

Voilà là la bête noire des peintres. L'effet tensio-actif des silicones empêche la peinture de se tendre correctement. Même après plusieurs couches le défaut persiste.

 

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Ce type de défaut est imputable à une mauvaise préparation de la surface avant finition. Les préparations de surface seront abordées dans la quatrième partie de cet article, mais on peut déjà dire que lorsqu'on a le moindre doute sur la présence de silicones, il vaut mieux agir lors de la préparation. Une fois qu'on a commencé à pistoler, on ne peut que réparer et on le paye toujours par un brillant moindre.

 

Il n'y a pas de solution curative douce une fois la peinture durcie. Généralement le peintre détecte la présence de silicones au moment du passage de la première couche.  Le plus sûr moyen de s'affranchir de ce problème est d'ajouter un produit anti-silicones dans le godet. Ce produit à l'inconvénient de limiter un peu la tension de la finition. Les revêtements traités à l'anti-silicone sont souvent moins brillants que les autres.

 

Dans un atelier où on fabriquait des joints en silicone, on m'avait conseillé de faire laver les pièces à peindre (des équipements d'atelier en rénovation) au vinaigre blanc. On a essayé. ça n'a jamais fonctionné.

 

Pour des machines, je conseille d'utiliser des peintures martelées (peintures contenant volontairement des silicones.) D'un défaut, on fait une qualité. Pour une carrosserie automobile, on peut essayer de poncer jusqu'à la tôle et de refaire l'apprêt. Mais la meilleure solution est d'appliquer le proverbe : "si tu veux la paix, prépares la guerre" et de bannir l'utilisation de silicones (graisses et surtout produits pour faire briller les plastiques).

 

Vous détestez un carrossier ? Allez-donc vider une bombe de dépoussiérant aux silicones dans sa cabine. Et si vous en sortez vivant, vous m'en direz des nouvelles...

 

Voilà la façon dont je procède. Comme tout ce que je connais de la carrosserie, il s'agit du fruit de mon expérience acquise sur la tas. Parfois aux côtés de professionnels et souvent seul. Face aux problèmes j'ai dû trouver des solutions. Sont-elles les meilleures ? Peut-être pas, mais en tous cas, elles permettent de réaliser des finitions acceptables sur des autos de course ou de banales voitures courantes. Je n'ai pas la prétention de peindre des Rolls-Royce ou des Bentley. J'espère que ces petits conseils vous aideront à progresser plus vite que moi. L'élève doit dépasser le maitre, pour devenir maître à son tour. Le progrès c'est ça. Et c'est ce que je vous souhaite.

 

Mieux vaut en rire...

 

Vous trouverez sur Internet un nombre incalculable de tutoriels où on vous explique comment repeindre une carrosserie en deux coups de bombe aérosol. Regardez bien qui les met en ligne. ce sont généralement les mêmes que ceux qui vous expliquent comment souder avec un semi-auto à fil fourré acheté 200 Euros dans un supermarché, qui prétendent fraiser  du métal avec un foret recouvert d'une couche de merde dorée et une perceuse Parkside et qui s'inspirent des émissions de Valérie Damidot pour "restaurer" leur maison... Lors de mon service militaire, j'ai appris leur façon de travailler. ça se résume à cette maxime : "Peinture sur merde = propreté".

La palme en la matière revient sans conteste à une connaissance qui vers en 1980 avait repeint une Simca 1100 TI avec un aspirateur ménager. C'est simple. On fait aspirer la peinture par l'appareil et on récupère le spray via le tuyau de refoulement. Je vous laisse imaginer le résultat. Mais ce copain, lui, ne l'a pas imaginé, il l'a obtenu !

 

Dans la quatrième partie on parlera de la préparation des surfaces avant peinture. C'est vraiment la partie la plus importante. Et la plus chronophage. mais on ne construit jamais un édifice solide sans fondations de qualité.

 

Lien vers la quatrième bpartie

 



16/06/2020
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