THOMAS RACING DEVELOPPEMENT

THOMAS RACING DEVELOPPEMENT

Arrivée d'une nouvelle fraiseuse (guide d'achat fraiseuse intégré)

ça faisait longtemps qu'on attendait ça, la nouvelle fraiseuse est arrivée à l'atelier. 

 

A cette occasion, nous vous proposons un petit historique des fraiseuses utilisées pour fabriquer les pièces de nos autos de course. Les lecteurs qui envisagent d'acheter une fraiseuse y trouveront probablement quelques repères pour guider leur choix face à une offre assez étoffée, mais où on a du mal à s'y retrouver quand on ne connaît pas les avantages et les inconvénients de chaque marque ou de chaque modèle.

 

Disons-le tout de suite : la fraiseuse parfaite n'existe pas. Hélas...

 

Fraiseuses diverses utilisées

 

Ma première pièce de compétition usinée à la fraiseuse était un piston de 350 Kawasaki S2 en 1978. J'avais demandé  à mon professeur l'autorisation de prendre une machine pendant une récréation. Sans montage spécifique, j'ai failli prendre le piston dans la figure quand il a échappé de l'étau de la petite Dufour que j'avais empruntée. J'ai réussi surtout à me faire peur...

 

Plus tard, pendant très longtemps, les pièces de voitures de course ont été fraisées la nuit dans l'entreprise où je travaillais. Mes collègues outilleurs, me laissaient sympathiquement leurs machines, mais c'était toujours compliqué surtout lorsque les usinages étaient longs. Les machines devaient être libérées avant le lendemain. A cette époque, je me servais beaucoup d'une "grosse" DUFOUR comme celle-ci.  C'est sur une machine de ce type que j'ai usiné en plusieurs fois un carter d'embrayage. C'est long...

 

10092052fraiseuse-dufour-jpg.jpg

 

 

Une bonne machine, mais  les outilleurs la délaissaient parce qu'ils préféraient utiliser la Huron MU6 beaucoup plus rigide et numérisée, ce qui facilitait le travail. Du coup, à une époque, la Dufour de l'atelier d'outillage a du usiner plus de pièces d'autos de course la nuit que de pièces pour l'entreprise, le jour...

 

J'ai beaucoup apprécié les tablettes en bout de table. Elles permettent de conserver sur la machine certains outils, comme des instruments de mesure, des clés de serrage. C'est un détail, mais c'est pratique de ne pas avoir à aller chercher ces outils à tout bout de champ.

 

Moins souvent, j'empruntais la MAHO MH800 du service maintenance.

 

Une MH 800  : elle possède une table large et articulée sur trois axes ce qui constitue sa particularité la plus visible.

 

milling-machine-maho-mh-800-hahn-kolb-19497L.jpg

 

Une  machine à six axes permettant de réaliser des prototypes aux formes torturées. Mais pas très facile à utiliser, parce qu'elle n'avait aucun équipement numérique. Et puis six axes ne sont nécessaires que pour des pièces très torturées. Malgré ses multiples possibilités, j'aimais moins travailler sur cette Maho que sur "ma" Dufour.

 

Je n'ai pas aimé la broche de cette machine. Elle est équipée pour le perçage, c'est un avantage. Mais celle qu'on me prétait n'avait qu'un cône de broche SA30. Trop petit pour une utilisation de fraises de taille importante. Et en plus les outillages sont difficiles à trouver d'occasion. Donc reviennent cher pour un utilisateur occasionnel. C'est aussi un reproche que je fais aux perceuses-fraiseuses Cincinnati dont je me suis aussi servi quelquefois à cette époque. Elles sont très peu rigides. On ne fait rien de précis avec une Cincinnati. En plus, l'avance de la Cincinnati, quand elle en est équipé, ce qui est rarement le cas, n'est pas synchrone. Les Cincinnati sont à mon avis, juste bonnes pour tirer des lumières. A oublier rapidement, sauf pour faire du travail grossier pour de la serrurerie...

 

Elles ont quand même l'avantage d'être toutes petites. Pour moi, ce sont des machines de citadins. Elles trouveront facilement une place dans un petit garage comme on en trouve dans les immeubles modernes. Par contre, les moteurs étant en triphasé, les résidents d'immeubles modernes sont souvent obligés d'acheter un onduleur. Dans ce cas, une machine de faible puissance est avantageuse, car les gros onduleurs de qualité industrielle valent largement aussi cher qu'une fraiseuse.

 

Une Cincinnati (sans avance auto.)

 

DSCF0962.jpg

 

Pour revenir à la Maho, les soufflets se déchirent vite et coûtent très cher.  En fait, pour être sincère, j'aimerais bien avoir une MH800, mais seulement comme deuxième fraiseuse. Juste pour faire des pièces tordues.  Encore faut-il avoir un grand atelier... Autre chose qui me déplait sur les Maho, ce sont les minuscules boutons rotatifs de la commande de boite. C'est totalement subjectif, mais ces machins avec des bouts de plastique en couleur, c'est comme tout ce qui est en plastique :  j'aime pas...

 

J'ai aussi fraisé des pièces chez l'un de mes sponsors : MILLIATRANSFO. Faute de pouvoir me financer, cette PME me laissait utiliser une petite DUFOUR qui m'a bien aidé lors du développement de la R5 turbo. Une machine d'école. qui ne leur servait jamais puisqu'ils avaient des fraiseuses à commande numériques bien plus performantes. C'est d'ailleurs sur ce modèle que j'ai appris à fraiser quand j'étais en seconde au lycée technique et que j'avais fait voltiger un piston deux ans plus tard...

 

Cette machine a une particularité sympa : avec le grand levier de commande, on peut inverser le sens de rotation du moteur. ça peut être utile pour tarauder (à condition de disposer d'un mandrin à compensation axiale et radiale.)

 

Une Dufour d'école (document trouvé sur Internet.)

 

dcp_8622.jpg

 

Un peu petite pour une utilisation sérieuse dans le domaine automobile, mais qui pourrait convenir à des motards qui ne fabriquent pas de grosse pièce. Cette machine n'a qu'une seule avance automatique sur le chariot longitudinal, ce qui limite beaucoup ses possibilités. Remarquez qu'à cause de sa taille réduite, l'utilisateur travaille penché en avant, ce qui n'est pas confortable. On voit aussi qu'il est difficile de monter un diviseur sur cette fraiseuse lilliputienne. Malgré ces défauts, ça reste à mon avis une vraie fraiseuse et n'est donc pas comparable avec une perceuse-fraiseuse qui n'offre pas une rigidité suffisante pour faire des pièces de qualité.

 

 

Mais malgré ces possibilités offertes par des relations professionnelles,  c'était toujours compliqué de devoir emprunter... et libérer dans les délais prévus.

 

Fraiseuse GAMBIN 14 AM

 

Donc, j'ai acheté ma première fraiseuse. Une Gambin très ancienne. Un modèle M. Apparemment une 14 AM, si j'en crois ce que j'ai pu trouver sur Internet Une machine de 1935. Avec une transmission à courroie en cuir. Le travail était rythmé par le bruit de l'agrafe qui fermait la courroie à chaque passage sur une poulie. Clac-Clac. Une machine qui ressemblait tellement à celle-ci, que je pense que ça devait être la même. Mais la mienne était propre. Je l'avais achetée à un mouliste dans l'Ain. Je revois toujours, le papy qui s'en servait avant moi. Il m'avait aidé à la charger sur ma remorque, la larme à l'oeil et m'avait donné (en cachette ...) quelques outils pour démarrer. La boite venait de faire faillite. J'avais un peu l'impression de lui voler son outil de travail. Pour la petite histoire, on a été obligés de démonter la table parce qu'elle ne passait pas par la porte de l'atelier qui avait été installée après l'arrivée de la fraiseuse.

 

dsc01314.jpg

 

C'était une machine sympa parce qu'elle avait de très grandes courses, un triple volant de commande du chariot longitudinal, dont un en façade ce qui donne un confort incomparable. Il est débrayable et dispose de deux rapports d'entrainement commutables. ça permet de faire des réglages précis et de disposer d'une avance rapide... Manuelle...

Il y avait aussi un embrayage à pédales. J'avoue que je ne m'en servais jamais sauf en cas d'urgence.

 

Mais cette machine avait de gros défauts.  La broche ne dépassait pas 326 tours par minute, ce qui empêchait d'utiliser des petites fraises carbure. La tête Gambin est très facile à utiliser. On peut la déplacer comme un bélier, et la faire tourner dans tous les sens. Mais en contrepartie, elle manque de rigidité. C'est le plus gros défaut de toutes les Gambin. Même les modernes. Les Gambin vibrent beaucoup. C'est la cause de leur désamour de la part de nombreux fraiseurs. Fort de cette expérience, jamais je n'aurai acheté ensuite une 10N ou une 12N... On en trouve pourtant à profusion à vendre. Et souvent pas cher. J'en ai eu une à l'école, je l'aimais bien parce qu'à l'époque c'était une machine moderne. Mais je confirme elles vibrent beaucoup...

 

Mais le plus gros défaut de ma Gambin 14AM, c'était son cône de broche. Un cône Morse. La plupart des vieilles fraiseuses disponibles à bas prix ont un cône de broche Morse.  En hiver, lorsque la machine est chaude, la broche est dilatée. Si on installe une fraise froide (l'atelier de l'époque n'était pas chauffé...), elle se dilate au contact de la broche après quelques minutes et il devient quasiment impossible de l'extraire ensuite. Et si on laisse refroidir la broche, elle se rétracte et c'est peut-être pire...  ça se termine à la massette de maçon ! Quand je devais taper comme un sourd sur le tirant, je pensais toujours à mes roulements de broche et ça me faisait mal au coeur. Pour certaines fraises, j'avais fabriqué des mandrins filetés permettant de les extraire en douceur, mais quand même avec beaucoup d'énergie musculaire.  Je déconseille ce type de machine à ceux qui voudraient s'équiper. Même si elles ne sont pas chères. Ajoutons que la pompe de lubrification à entrainement par courroie cuir nécessitait une maintenance importante, comme la courroie de la broche qui se détendait facilement. Et  les boites à vitesses montées sur paliers bronze qu'il fallait graisser chaque jour. Et la graisse qui finissait tôt ou tard sur les courroies... C'était un début, mais je déconseille vraiment ces machines aux débutants s'ils n'ont pas l'intention de les modifier fortement. Elles seront bien dans un musée car c'étaient de bonnes bécanes, précises, solides.  Mais elle sont complètement dépassées de nos jours. La Gambin M pesait environ 2000 kg. C'était une machine d'assez grand gabarit très ergonomique pour des utilisateurs de grande taille. Grande taille d'ailleurs indispensable pour pouvoir manoeuvrer le bélier de la tête sans être obligé de faire l'acrobate sur un tabouret.

 

Fraiseuse Huré type 52

 

En 1998, elle est remplacée par une Huré type 52 retrofitée en 1988.

 

  

Lien vers présentation de ma Huré 52

 

Cone SA40, courroies trapézoidales, broche 1000 tours. Une machine nettement plus performante et plus confortable que je recommande pour un premier équipement sérieux.  Je n'ai jamais su quelle  était précisément sa puissance. Elle doit avoisiner 3 chevaux. Mais vu la robustesse du bâti et la qualité des engrenages, la puissance pourrait probablement être doublée sans difficulté en ne remplaçant que le moteur. Un moteur de 5 chevaux tournant à 3000 tours donnerait à cette machine les performances d'un machine moderne pour un investissement dérisoire. Encore faudrait-il avoir une ligne électrique capable. En effet, la Huré 52 n'est pas gourmande en énergie et ça peut être un avantage pour son installation dans un petit atelier à l'installation électrique peu dimensionnée. On peut même envisager de l'alimenter en monophasé, ce qui semble impossible avec une machine deux fois plus puissante.  Dans ce cas, l'intensité en ligne ferait rougir de honte n'importe quel disjoncteur...

 

La Huré a les qualités qui étaient des défauts de la Gambin. Sa tête est la plus rigide du marché. Elle a la même architecture de tête que les Huron. Les principales différence avec les célèbres Huron, sont le mouvement transversal donné par la console (bélier sur les Huron),  la taille (certaines Huron sont monstrueuses) et la puissance (15 chevaux, juste pour le moteur de broche !) Là Huré, c'est rustique, comme une 504 Diesel, la Huron, comme un char Panzer....

 

La Huré 52 possède les avances automatiques sur les trois axes alors que la Gambin 14 AM n'était équipée que sur deux axes. La machine a été modifiée vers 2000, les manivelles ont été remplacées par des volants plus agréables à utiliser. Vers 2005, elle a été numérisée, ce qui la rend plus confortable. Elle a quelques défauts : je trouve qu'elle manque un peu de course longitudinale (700 mm, mais seulement 600 mm pour une Gambin 10N, de corpulence comparable) pour refendre des tôles ou pour usiner du bois, mais ça n'est pas gênant en usinage courant. Cet inconvénient est largement  compensé par une course transversale étonnement importante pour une machine de ce calibre : 350 mm (230 mm seulement sur une Gambin 10 N.) C'est finalement une bonne machine qu'on peut acquérir à un petit prix. Elle conviendra aux bricoleurs les plus exigeants, mais elle est un peu lente pour une utilisation professionnelle intensive. A voir, si elle sert occasionnellement.  Elle pèse environ 1500 Kg, ce qui permet de la transporter sur une remorque porte-auto.

 

Le plus gros reproche que je fais à ma Huré 52 est justement d'être petite... Je suis très grand et je dois m'incliner en avant pour manoeuvrer le volant du chariot vertical quand je travaille sur de grosses pièces qui nécessitent que la table soit proche de sa position la plus basse. Pour un alésage de carter-cylindres, par exemple. Et j'ai une hernie discale qui n'apprécie pas les postures peu ergonomiques... C'est la principale raison qui m'incite à la remplacer. Et il y a aussi le plaisir de disposer d'une machine un peu plus performante, il faut bien l'avouer (mais hélas, beaucoup plus chère...)

 

Autre (petit) souci : le sélecteur de mouvement (longitudinal, transversal ou vertical) a tendance a gripper quand on ne l'utilise pas souvent et qu'il reste un peu de liquide d'arrosage sur son axe.  J'ai ajouté un graisseur sur l'axe et le problème a disparu.

 

redim.jpg

 

 

Je trouve aussi que ce selecteur est placé trop bas. ça explique d'ailleurs pourquoi il reçoit du liquide d'arrosage et pourquoi on oublie souvent de le secher lors du nettoyage de la machine. Du coup, il s'oxyde (voir photo) ce qui le rend dur.

 

 

 

Fraiseuse VERNIER FV3

 

Donc, au moment de remplacer ma Huré, trois marques me semblaient encore en lice : Huron, pour la rigidité, la taille de la table, Dufour récente (une "grosse") pour la polyvalence de ces machines et Vernier, parce que se sont d'excellentes machines de prototypage et qu'on peut trouver des machines récentes (enfin certains modèles.) 

 

J'aurais rêvé de remplacer ma Huré, dont je suis satisfait par une Huron qui est la descendante de la Huré. Les Huron se vendent très cher (10 à 20 000 Euros pour une machine de quarante ans en très  bon état (rétrofitée)  chez un marchand de machines.) Elles sont systématiquement reprises par des professionnels de la machine-outil. Beaucoup partent dans les pays de l'Est où leur réputation ne fait aucun doute. Le marché n'est pas sain. Il est difficile d'en acheter en direct à un artisan, parce qu'elles font souvent l'objet de reprises par les marchands de machines, sauf quand elles sont complètement usées. Les pièces détachées sont hors de prix (5000 Euros pour une tête neuve.) Les Huron sont lourdes (plus de 4000 kg,  pour une  MU6) et très encombrantes. C'est à cause du poids, de l'encombrement, du prix et du risque financier en cas de défaillance que j'ai préféré jeter l'éponge. C'était juste un rêve...

 

Les Dufour sont sympa, J'ai toujours eu un faible pour leurs cabestans de commande de boite. Mais il existe une quantité très importante de modèles avec plus ou moins d'options. Il faut donc étudier au coup par coup. Et franchement, je connais plutôt mal la gamme Dufour. J'en ai bien utilisée une récemment à Magny-Cours. Mais à peine une journée ou deux pour retoucher des pièces lors de l'assemblage d'un moteur de prototype. Je ne sais même pas de quel modèle il s'agissait. De toutes façons, cette machine-là n'était pas à vendre.

 

Chez Vernier, c'est un peu comme chez Dufour. Les FV 250 et FV 270 sont souvent en bon état (fraiseuses d'école), mais trop petites pour ce que je voulais faire avec (une FV 250 me semble un très bon investissement pour un motard.) J'en ai eu une au Lycée en terminale. Bonne bécane, précise, facile à utiliser. Sympa.

 

La FV 380 m'aurait vraiment plu. Une table immense, presque comme une Huron MU6. Un moteur de 10 à 25 chevaux suivant modèle. Mais 4 tonnes.... Mon chariot élévateur ne lève que 3 tonnes. Affaire réglée.

 

Restait la gamme FV3. Il s'agit d'une gamme de fraiseuses qui a eu un très gros succès commercial. Les fraiseuses Vernier FV3 sont de bonnes machines, elles sont précises et disposent de nombreux atouts. Mais elles ont deux défauts importants : d'une part, le premières machines n'avaient pas de déflecteur sur le chariot transversal ce qui occasionnait des entrées de liquide d'arrosage dans la console. Mal entretenues, certaines ont eu des problèmes d'engrenages.

 

L'intérieur d'une FV3 TO australienne  mal entretenue (probablement parce que ce défaut n'était pas connu là-bas.) Il suffit pourtant de vidanger de temps en temps...

 

Image1.jpg

 

D'autre part, la mécanique assez peu accessible exige beaucoup de travail en cas de défaillance. Heureusement ce sont des machines fiables, notamment parce qu'elles contiennent environ 30 litres de lubrifiant répartis dans 8 carters, plus un système de graissage centralisé. On est aux antipodes de la vieille Gambin 14 qu'il fallait graisser à la pompe à chaque utilisation.

 

La FV3 a été proposée avec une option cycle cubique qui lui permet de travailler seule. ça peut paraître sympa. Mais en fait, les machines équipées de cette option ont fait de la production intensive. Elles étaient faites pour ça. Elles sont donc usées. De plus, l'automatisme de ces fraiseuses est techniquement complètement dépassé. On se moque bien d'avoir la dernière technologie pour un usage intermittent, mais cette obsolescence s'accompagne obligatoirement de l'âge qui va avec... Evidemment, l'automatisme à la grand-papa n'était plus proposé sur les derniers modèles sortis des usines Vernier. Je ne connais pas les dates exactes, mais les Vernier FV3 ont été commercialisées au moins pendant 32 ans (1966-1998) Autant éviter d'acheter l'une des premières sorties d'usine puisqu'elle a toutes les chances d'avoir beaucoup travaillé.  Donc, FV3 à cycle cubique : à oublier....

 

Ensuite, la FV3 existe en FV3 proprement dite, en FV300 en FV3TO et en FV3S.

 

La fraiseuse FV3 dispose d'une table de 1200 x 300 mm (plus longue de 100 mm que celle de la Huré 52) et d'une grande course longitudinale 900 mm soit 200 de plus que la Huré. En contrepartie sa course transversale est assez conventionnelle : 300 mm soit 50 de moins que la Huré.

 

La FV3 TO dispose d'une table orientable qui constitue un quatrième axe. Elle a donc en quelque sorte l'un des avantages de la Maho MH800, sans en avoir ce que je considère comme des inconvénients. En contrepartie, le passage sous tête est (un peu) réduit. Une machine intéressante.

 

La FV300 dispose d'une table à quatre plus une  rainures. C'est un avantage pour brider les pièces.

Une version FV300 E existe. Elle est un peu plus récente que la 300 tout court. La 300 E dispose de coupures d'avances par contacts électriques au lieu des dispositifs mécaniques des FV300. De plus, les versions E (FV250E, FV270 E et FV300E) ont des boites de broches allongées. Les fréquences maximales de rotation sont portées à 2000 RPM au lieu de 1500.

 

La FV3S possède une table plus large, plus longue (1500 mm) à trois plus une rainures et dispose d'une course longitudinale portée à 1000 mm. Le modèle S a aussi un volant de longitudinal en façade en série (comme la vieille Gambin 14 AM, ce qui constitue un gros avantage.) Ce volant en façade pouvait être livré en option sur certaines autres fraiseuses de la gamme Vernier. Apparemment, il n'a jamais existé de FV3S E. Donc, toutes les FV3S auraient des boites 1500 RPM.

 

Les FV3 qui ont été fabriquées dans le Var sont aussi réputées à l'étranger. On en trouve évidemment en Italie, mais aussi aux USA, en Asie, et même en Océanie.

 

Après avoir acheté une FV300, avec une boite à refaire (le fameux problème d'étanchéité...), la vente a été annulée lorsque le vendeur s'est rétracté. C'était il y a six mois.

 

Et finalement, c'est une FV3S qui vient d'arriver à l'atelier. C'est l'une des dernières produites. Elle est sortie d'usine en 1998. Elle n'a donc que vingt ans. Et elle n'a plus servi depuis cinq ans parce que l'atelier Haut-Savoyard de mécanique de précision d'où elle vient a été équipé de machines cinq axes à commande numérique depuis quelques années. Elle n'a donc travaillé que 15 ans. On est loin de la vieille Gambin qui aurait aujourd'hui 83 ans. Et pourtant, cette Gambin de 1935 travaille probablement encore puisqu'elle a été revendue à un agriculteur.

 

 

La FV3S pèse 2650 Kg et nécessite 3,20 mètres de largeur à cause de sa grande table et de sa course importante. C'est nettement plus que la Huré. On ne peut pas tout avoir.

 

Bien qu'en bon état, elle va subir une révision complète dans les semaines à venir.

 

Caractéristiques techniques de la fraiseuse Vernier FV3S

 

Table

 

1500 mm x 320 mm, equipée de deux tablettes porte-outils.

 

Courses 

 

Longitudinale 1000 mm, 

transversale 300 mm,

verticale 600 mm.

 

Vitesses et avances

 

18 vitesses de broche de 32 à 1500 t/min (19 sur la Huré.)

18 avances (24 sur la Huré.)

 

Nous disposons à l'atelier d'un multiplicateur de vitesse à rapport 5, 5 / 1. Ainsi, le fréquence maximale d'utilisation de 5500 RPM obtenue avec la Huré 52 est portée à 8250 RPM avec la Vernier FV3S. On peut donc peut travailler avec une fraise carbure de 2 mm avec une vitesse de coupe de 52 mètres / minute, ce qui est intéressant dans des aciers prétraités. Avec la Huré, ces conditions de coupe nécessitaient l'usage d'une fraise de 3 mm au minimum puisque le broche nedépasse pas 1000 RPM.

 

En fait, l'utilisation de ce multiplicateur avec une broche plus rapide que celle de la FV3S n'aurait pas procuré d'avantage significatif, car il est conçu pour une fréquence maximale de sortie de 8000 RPM. 

 

Moteur de broches 

7,5 chevaux. C'est un atout, mais il faut disposer d'une installation électrique suffisamment dimensionnée pour faire tourner ce moteur et le moteur d'avances qui développe 2,5 chevaux. Ajoutons le moteur de pompe, l'embrayage à commande électromagnétique, l'éclairage et la visu : il faut disposer de 12 chevaux de puissance électrique pour pouvoir travailler avec ce genre d'outil. 

 

La tête de la FV3S est éclipsable.  Grâce à une charnière, on peut la déplacer sans effort pour libérer une seconde broche dont l'axe est horizontal. La coulisse supérieure dispose de deux lunettes pour travailler avec des arbres porte-fraise longs.

 

La FV3S, tête escamotée. On voit la commande frontale du chariot longitudinal et les deux tablettes porte-outils en bout de table.

 

Image1.jpg

 

 

La table est équipée d'une prise de force pour entraîner un plateau circulaire

 

Travail en avalant

 

La FV3S dispose d'un système de rattrapage de jeu en façade. grâce à ce dispositif, on peut travailler en avalant. Indépendamment du confort d'utilisation, ce mode travail permet d'optimiser les états de surface et de réduire significativement l'usure des outils. Mais sans dispositif de rattrapage de jeu, la casse de l'outil est la plupart du temps inévitable. J'ai appris à fraiser en opposition il y a 43 ans. J'ai toujours travaillé comme ça depuis. ça va changer beaucoup de choses parce que c'est la première machine que je vais utiliser qui dispose de cet équipement. Mais, il faudra probablement un certain temps pour s'habituer à ça...

 

Visualisation des cotes

 

Cette FV3S est numérisée. Elle dispose d'une visualisation des cotes récente à trois axes Hedenhaim FD780. C'est un modèle de visu toujours commercialisé par une marque réputée pour la qualité de ces réalisations.  Cette visu est capable de retrouver l'origine des cotes même après une coupure d'alimentation électrique.

 

Le plus gros défaut de cette visu est d'être commercialisée pas loin de 3000 Euros hors taxes. Les pièces détachées sont aussi hors de prix.

 

 

 

 

 



11/01/2019
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sports pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 53 autres membres